12 janvier 2007

Nouveau débat sur les nulles par convention mutuelle

Est-ce pour anticiper un débat qui ne manquera pas de surgir à Wijk-aan-Zee ? Ou n'est-ce qu'une coïncidence ? Le fait est que, mercredi 10 janvier, l'Association des professionnels des échecs (ACP) a lancé un sondage sur les nulles par consentement mutuel auprès de ses membres, mais aussi auprès de tous les maîtres et grands maîtres qui souhaiteraient y participer. L'ACP explique ainsi sa démarche : un sujet très important est apparu récemment "à la suite des tournois de haut niveau de Corse et de Sofia : lutter contre les nulles de salon. Les nulles de salon provoquent fréquemment des plaintes de la part des organisateurs et de la déception pour le public. Tout ceci a fait l'objet d'une discussion récente au sein du bureau de l'ACP. Nous avons donc décidé de faire un sondage pour nous rendre compte de la façon dont vous voyez le problème."
Le sondage ne compte que deux questions. " 1. Une offre de nulle devrait être : a/ permise à tout moment de la partie (actuelles règles de la FIDE) b/ permise après que 30 coups ont été joués c/ permise après que 40 coups ont été joués d/ permise après que 50 coups ont été joués e/ pas permise du tout (règle corse) f/ ne se prononce pas. 2. Une offre de nulle, faite au moment où elle est autorisée, devrait impliquer une pénalité au temps au cas où elle est refusée : a/ oui b/ non c/ ne se prononce pas." Le sondage court jusqu'au 31 janvier. Pour ceux qui ne la connaissent pas, je rappelle que l'ACP est une association de droit français (association loi 1901), qui avait été lancée en 2003 par environ 200 joueurs et organisateurs afin de devenir pour les échecs ce que l'ATP est pour le tennis, c'est-à-dire le défenseurs des joueurs et l'organisateur des grands rendez-vous internationaux. Elle compte aujourd'hui 300 membres dont Kramnik, Anand, Leko, Adams, Bareïev, Svidler, Polgar, Radjabov, Short, Shirov, etc. Chez les Français, bien représentés, on peut citer notamment les joueurs que sont Joël Lautier, Etienne Bacrot, Robert Fontaine, Vladislav Tkatchiev, Almira Skripchenko (trésorière de l'ACP), les arbitres Stéphane Escafre et Jean-Claude Templeur, sans oublier l'organisateur corse Léo Battesti et le président de la Fédération française des échecs, Jean-Claude Moingt, au titre de maître FIDE.
J'ai déjà évoqué le sujet des nulles de salon dans un précédent article que vous pouvez relire et je ne vais donc pas m'appesantir là-dessus. En revanche, je vous invite à laisser vos commentaires sur ce problème... si toutefois vous estimez que c'en est un ! Par ailleurs, j'ai constaté une baisse de la fréquentation sur le blog, que j'attribue en partie au fait que certains liens conduisant vers Echecs Info ont, par l'usure normale d'Internet, disparu des sites ou bien sont descendus très bas dans les pages. Je l'ai constaté en analysant les chemins que les internautes empruntent pour parvenir jusqu'ici. Si vous appréciez ce que j'écris et si vous gérez un site, un blog, ou si, dans votre club ou ailleurs, vous connaissez un webmestre "échiquéen", merci de faire un peu de publicité...

23 commentaires:

stephane.laborde a dit…

Corsican Rules, c'est le mieux. Les nulles de salon laissent l'amateur sur sa fin, et le novice dans l'incompréhension.

Les GMI doivent d'ailleurs aller au bout de leurs parties, y compris les parties perdues, ne serait-ce que pour le fait que le spectateur - téléspectateur - lecteur comprenne tout, y compris les mats simples.

Jacques a dit…

D'accord avec Steph ...

Pour ce qui de la fréquentation d'Echecs Info, je suis sur qu'elle va regrimper en flèche à l'occasion de Corus (plus qu'un jour :^) ...

eneiman a dit…

Cette histoire de nulle, c'est de la rigolade; interdire les nulles revient à inciter les pros à "maquiller" des parties préarrangées, c'est ridicule.La nulle fait partie du jeu, pourquoi faire jouer des parties plates ? les échecs ne sont pas une exhibition de patinage artistique! En revanche la proposition de nulle devrait être limitée; celui qui a proposé nulle ne peut le reproposer par exemple.

Bernard Thinat a dit…

Bonjour
Interdire les propositions de nulle à tout moment de la partie n'empêchera jamais deux joueurs de répéter 3 fois la même position n'importe quand. Et là, c'est l'arbitre qui devra accorder la nulle, même après 10 coups ou moins. Il me semblerait plus efficace de valoriser les gains par rapport aux nulles:
1) une défaite devrait rapporter 1 point et non 0 comme un forfait
2) une partie nulle 2 points
3) une partie gagnée 4, voire 5 points.
Il serait bon de faire des tournois expérimentaux sur ces bases, pour voir... Mais personne ne le fait !

BaCcHuS a dit…

Je suis pour l'autorisation de la nulle par consentement mutuel après 40 coups. Je pense qu'à ce stade de la partie, on ne peut plus parler de nulle de salon, dans le sens où les joueurs ont dû réfléchir et ont largement eu l'occasion de commettre des gaffes (ou pas). L'important n'est pas de garantir le spectacle au maximum (en forçant les joueurs à aller jusqu'au mat, ce qui n'a pas de sens), mais de garantir le fait que les protagonistes d'une partie jouent réellement aux échecs, ce pour quoi on les a invité à un tournoi.

alain a dit…

Concernant ce sujet, je trouve encore que les propositions sont encore très frileuses. Il faut encourager le gain, mais comment? Donner 3 points à la victoire? Si vs faites les calcul pour les résultats du dernier wijk aan zee, vs verrez que celà ne change pas grand chose au résultat final, si ce n'est que quelques joueurs gagnent ou perdent une petite place. A l'image de Leko qui au lieu d'être 7ème serait 8ème au classement. De quoi l'encourager à prendre des risques? J'en doute.

Anonyme a dit…

Nous consultons, nous consultons... surtout lorsqu'un diagramme intéressant est accompagné de commenteraires pertinents.
Ce que vous faites très bien.
Continuez, merci...
jm

Jean a dit…

Expérimenter des tournois avec la victoire à 4 points (ou 3,5?) comme le propose Thinat est une hypothèse intéressante.
L'objection d'Alain est sans valeur,car elle suppose que l'engagement des joueurs aurait été le même si le système avait été changé.
Enfin, interdire les nulles reviendra simplement, pour le haut-niveau, à changer de système de magouille,et pour les amateurs, à introduire une contrainte de plus mais sûrement pas à augmenter le nombre des spectateurs

Anonyme a dit…

Je suis fermement contre la victoire à 3 points (et la nulle à 1) car cela dévalorise les nulles de combat, où deux bons joueurs vont se fatiguer des heures pour éviter les erreurs et marquer trois fois moins de points que leur voisin, qui aura gagné avec un sacrifice spéculatif, voir incorrect. On ne peut pas demander à tout le monde de changer son style pour devenir un Morozevich ou un Topalov.
Il faut arrêter de croire que les échecs ne sont qu'un spectacle, comme les jeux du cirque, ils comprennent aussi une composante scientifique, et on observe que les parties bien jouées des deux cotés finissent souvent par la nulle.

Anonyme a dit…

Contre la victoire à 3 points. Outre l'injustice pour les nulles de combat (une défense acharnée ne mérite-t-elle rien ?), je pense que ça n'empêchera pas les pros de s'arranger si bon leur semble (à la limite au contraire puisqu'il y a plus de points à se partager en arrangeant des victoires).

Pour l'interdiction avant le passage des 40cps.

L'idée de devoir aller jusqu'au bout dans certains tournois "pédagogiques" me parait intéressante également.

thierrycatalan a dit…

Le prolème des parties nulles a été bien souvent abordé dans le forum France Echecs, surtout suite aux nombreuses parties nulles dans les derniers tournois mondiaux...

Je crois que L' ACP a bien compris que les joueurs professionnels ne peuvent pas se permettre des nulles en 10 coups dans les mauvaises circonstances économiques des echecs aujourd'hui,provoquer la fuite des spectateurs amateurs ...et les organisateurs et sponsors des grands tournois mondiaux ...

Apres tout , si dans 10 ans les ex- professionnels trouvent encore de bonnes raisons de faire nulle en 10 coups en jouant une partie amicale dans un jardin public ou un square ....ils pourront toujours se souvenir avec nostalgie de grands tournois d'échecs dont les conditions de jeu et les premiers prix etaient excellents...

Anonyme a dit…

La partie nulle fait partie du jeu.
Une partie nulle obtenue contre un plus fort joueur est une grande victoire! Il ne faut donc pas la dévaloriser par des "victoires à 3 pts".
Les nulles de salon ? Les joueurs qui veulent vraiment jouer sans combattre trouverons toujours un moyen pour faire une partie nulle et ce, quelque soit les dispositifs "anti nulle" mis en place.Il me semble que le seul dispositif raisonnable est t'interdire les proposotions de nulle pour les parties de moins de 15 quinze coups (...voire 20 coups maximum).
LFD

De Alain à Jean a dit…

Il est clair que je préssupose que les joueurs s'investissent de manière égales que si les règles n'avaient pas changées. Vous avez probabement raison d'objecter que les cognitions liées auxc prises de décisions des joueurs seront affectées par le changement des règles. Mais de là à dire que les décisions elles-mêmes seront modifiées, personne peut vraiment le dire à l'heure actuelle.

Anonyme a dit…

D'abord, salut à Bernard THINAT, auteur d'un des messages, que j'ai connu au RPO d'Orléans, il y a une quinzaine d'années !
Je crois comme lui qu'il ne sert à rien d'essayer d'interdire la nulle de salon dans la mesure où il sera toujours possible de détourner la règle qui aura été instituée pour ce faire. Une solution pourrait consister non pas à dissuader les joueurs de faire une partie nulle, mais bien à encourager la recherche de la victoire. Reste à savoir comment : par un bonus de points en cas de victoire, par une prime à la combativité...? Notons bien que cela pourrait toutefois générer des parties inutilement longues et insipides comme on a pu en connaître, le spectacle échiquéen n'en sortant pas forcément grandi. Ces débats peuvent aussi paraître un peu stériles alors qu'il y a de très belles "nulles", et que somme toute il me semble que celles de salon restent relativement rares. Quant un joueur peut gagner, il le fait, non ? Ce qui est détestable, ce sont les petits arrangements de fin de tournoi. Aux organisateurs de tournois, dès lors, de choisir qui inviter en fonction des comportements relevés et considérés comme condamnables (çad irrespectueux du public échiquéen) lors d'autres compétitions, voilà qui obligerait au moins les joueurs à sauver les apparences...
Laurent ROUSSELY

PS : pour ce qui est de la pub pour cet excellentissime site, je m'y active sur playchess !

Anonyme a dit…

3 points par parties generera de la triche (parties arrangees)

Mon opinion:

1/ Interdiction de proposer la nulle dans les 40 premiers coups, (voire interdiction totale)

=> Evidement, ceux qui veulent la nulle de salon la feront par repetition de coups, donc:

2/ De la part des organisateurs, arreter d'inviter ceux qui font trop de nulles

Geneviève Thélot a dit…

Bonjour !

Je crois qu'aucune régle ne pourra empêcher deux joueurs de se mettre d'accord, et de toutes façons, il y a de vraies propositions de nulles, par des joueurs de bonne foi. Donc, il faut autoriser la nulle. Pour éviter qu'elle ne soit une nulle de salon, ne l'autoriser qu'après le quanrantième coup me semble efficace : Je suis de l'avis de Bacchus. Une partie de 40 coups n'est pas "arrangée".

Anonyme a dit…

La vie d'un GMI n'est pas aussi simple. Ils gagnent leur vie grâce aux échecs. Ceci amène à des nulles rapides logiquement puisque le risque de perdre serait synonyme de manque à gagner. Or, nous savons déjà que gagner sa vie grâce aux échecs est difficile.

C'est pour celà que je pense qu'il est préférable de permettre une proposition de nulle après le 25ème coup car c'est la garantie d'une vraie partie qui sera jouée ( et puis un GMI sait jouer pour faire nulle ! :-) ).

En ce qui concerne, les grands tournois, les Super GMIs gagnent très bien leur vie alors pas de pitié et mettre en place les règles corses.

chessman a dit…

Interdire la proposition de nulle avant le 40ème coup me semble une bonne solution pour enrayer l'épidémie !
Les "arrangements" seront plus difficiles à conclure.

fredolvq a dit…

Bonjour à tous,
Les arguments contre la surévaluation des parties gagnées m’ont convaincu, alors qu’a priori j’étais assez d’accord pour les compter 3 points. C’est vrai qu’il y a aussi de très belles parties nulles, pourquoi les défavorisées par rapport à des gains « volés » ? Et puis les échecs, sport cérébral, demandent à être compris pour être appréciés. Pas seulement d’être regardés. A la limite, c’est le champion du monde qui apprécie le mieux ce jeux, et dans les deux sens du mot apprécier, juger, aimer. Alors c’est probablement une illusion, peut-être aussi d’origine commerciale ( je n’ai rien contre le commerce ) de penser pouvoir rendre ce jeu spectaculaire et « médiatisable ». Bancable, comme on dit justement dans les médias qui ont l’accent US !
Par contre interdire les propositions de nullité avant 30 ou 40 coups pourquoi pas !

Epernay Champagne Echecs a dit…

Bonjour à tous.
Je suis pour interdire les nulles de salon mais pas les nulles en général. Dans les opens, pourquoi ne pas interdire les nulles en moins de 40 coups dans les trois dernières rondes pour éviter tout arrangement? Dans les tournois fermés, pourquoi ne pas instaurer un système de rénumération bonus/malus? Je m'explique. La dotation place par place du tournoi est de 100% si un certain pourcentage de nulle n'est pas dépassé par le joueur et serait de 75% dans le cas contraire. Plus généralement, comme les invitations sont obtenues grâce au Elo, alors il faudrait que celui-ci tienne aussi en compte, via un système bonus/malus en points, du nombre de nulles et ce pour tous les joueurs.

Bernard Thinat a dit…

Je reprends la parole pour répondre à ceux qui pensent qu'on pouurait interdire les nulles par accord mutuel avant X coups.
Si l'on regarde les parties disputées dans le Corus A, on constate que lors de la 1ère ronde, sur 7 parties, 5 parties se sont terminées par la nulle sans dépasser le 26ème coup. Je doute fort que ces GMI n'avaient pas envie de combattre dans la mesure où lors de la 2ème ronde, 1 seule partie a été nulle.
A méditer !

Anonyme a dit…

Il n'existe aucun autre sport où l'on voit autant de parties arrangées ou factices, au vu et au su de tout le monde.
Le résultat ? Le mépris des organisateurs et du public, et un classement Elo qui ne reflète pas les réels niveaux.

Il faut simplement revaloriser la victoire, ce qui empêchera les arrangements et forcera la combativité. Donc 1 point et demi pour le gain, demi point pour la nulle.
Ce système n'empêchera pas les nulles de complaisance, mais à charge pour ceux qui les font de payer le prix en points elo.

Mais de grâce, n'offrons plus ce spectacle anti-sportif et presque mafieux.

Cepf a dit…

Il n'existe aucun autre sport où l'on voit autant de parties arrangées ou factices, au vu et au su de tout le monde.
Le résultat ? Le mépris des organisateurs et du public, et un classement Elo qui ne reflète pas les réels niveaux.

Il faut simplement revaloriser la victoire, ce qui empêchera les arrangements et forcera la combativité. Donc 1 point et demi pour le gain, demi point pour la nulle.
Ce système n'empêchera pas les nulles de complaisance, mais à charge pour ceux qui les font de payer le prix en points elo.

Mais de grâce, n'offrons plus ce spectacle anti-sportif et presque mafieux.